Madar (Tripoli) - Le gouverneur de la Banque centrale de Libye (BCL), Naji Issa, a averti que l'absence d'un règlement politique aboutissant à un gouvernement unifié « maintiendra la banque sous de fortes pressions », dans un entretien accordé au magazine Global Finance pour son numéro d'octobre et relayé samedi 17 octobre 2026 par le site libyen Al Wasat.
Selon cet entretien, environ 85 % des dépenses publiques en Libye sont des dépenses de consommation : les salaires en représentent près de 45 % et les subventions environ 25 %. Le secteur public compte près de 2,3 millions d'employés, pour une population estimée à 7,5 millions d'habitants, a-t-il indiqué.
Le pétrole et le gaz représentent plus de 90 % des recettes publiques et des exportations, ce qui rend l'économie vulnérable aux fluctuations des prix et aux perturbations de la production, a souligné le gouverneur. Selon lui, la hausse des cours « ne constitue pas une solution durable » si les recettes supplémentaires ne sont pas orientées vers l'investissement productif plutôt que vers les dépenses courantes. Il a appelé à renforcer la discipline budgétaire et à diversifier l'économie en soutenant le secteur privé.
Naji Issa a qualifié l'adoption du premier budget unifié depuis 2013 d'étape importante vers le retour de la discipline financière, insistant sur le respect des plafonds de dépenses convenus et sur une meilleure gestion des liquidités. L'unification de la banque centrale a dépassé la fusion administrative pour toucher la gouvernance, les données et les procédures opérationnelles, a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que le dollar s'échangeait à 10,18 dinars samedi sur le marché parallèle, selon Al Wasat, et quelques jours après un différend public entre la BCL et la Compagnie nationale du pétrole (NOC) sur les chiffres des recettes pétrolières, dans lequel la Cour des comptes est intervenue en annonçant un comité conjoint d'harmonisation.




