Madar (Rabat) - La dette extérieure du Maroc a atteint 80,5 milliards de dollars à fin 2025, contre environ 68,4 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 17,8 %, selon le Rapport sur la dette internationale 2026 de la Banque mondiale, rapporte le quotidien marocain Le Matin ce samedi 7 novembre.
Cette progression dépasse celle de l'ensemble des pays à revenu faible et intermédiaire, dont la dette extérieure a augmenté de 5,5 % pour atteindre le niveau record de 9 400 milliards de dollars, selon le même rapport. Sur dix ans, l'encours marocain est passé de 44,8 à 80,5 milliards de dollars.
La dette publique et garantie par l'État représente 58,4 milliards de dollars, soit près des trois quarts du total, le reste se répartissant entre une dette privée non garantie de 12 milliards et une dette à court terme de 10,1 milliards.
La dette extérieure équivaut désormais à 45 % du revenu national brut et à 102 % des recettes d'exportation, au sens de la Banque mondiale, deux ratios en hausse en 2025. À l'inverse, le service de la dette (principal et intérêts) a pesé moins lourd : 5 % du revenu national brut et 12 % des recettes d'exportation, un poids en baisse de 14,2 % sur un an rapporté aux exportations.
La fiche consacrée au Maroc ne chiffre pas la part de l'effet de change dans cette hausse, alors qu'au niveau mondial la Banque mondiale relève que l'affaiblissement du dollar a augmenté la valeur, convertie en dollars, des dettes libellées dans d'autres devises, selon le journal.
Les institutions multilatérales détiennent près de la moitié de la dette extérieure publique et garantie du Maroc, soit 28,7 milliards de dollars, dont 18,1 milliards pour la seule Banque internationale pour la reconstruction et le développement et la Banque africaine de développement, contre 20,5 milliards pour les créanciers privés et 9,2 milliards pour les prêteurs bilatéraux.
Pour ses engagements publics et garantis signés en 2025, le Maroc a obtenu auprès des créanciers officiels un taux moyen de 1,9 % sur 26 ans, contre 5,4 % sur neuf ans auprès des créanciers privés.




