Madar (Nouakchott) - Le rapport annuel du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, sur la situation au Sahara occidental, transmis au Conseil de sécurité en octobre 2026 sous la cote S/2026/781, mentionne une proposition mauritanienne de créer une commission chargée de clarifier « les frontières internationales définitives et permanentes du territoire contesté », selon des lectures de presse du rapport, à l'approche du vote sur le renouvellement du mandat de la MINURSO.
Une proposition au round de Madrid
Selon le site marocain Hespress, qui cite le rapport, le ministre mauritanien des Affaires étrangères a présenté cette proposition lors du deuxième cycle de discussions tenu à Madrid les 8 et 9 février 2026, avec le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario, sous l'égide de l'envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, et avec l'appui de l'administration américaine.
Le rapport présente l'initiative mauritanienne, selon la même source, comme une contribution visant à encadrer une définition consensuelle des frontières dans un futur règlement, et non comme une position arrêtée ou un accord entre les parties. Les discussions ont aussi porté sur un éventuel conseil de transition, les garanties internationales, le partage des ressources, la réconciliation, le désarmement, les arrangements sécuritaires et les systèmes électoraux.
Un vote avant le 31 octobre
Le Conseil de sécurité doit voter sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, qui expire le 31 octobre, après une séance d'information de son chef Alexander Ivanko et de Staffan de Mistura, selon Security Council Report. La résolution 2797 du 31 octobre 2025 avait prolongé la mission d'un an en prenant la proposition marocaine d'autonomie comme base des négociations.
Staffan de Mistura avait rencontré le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à Nouakchott le 18 juin dans le cadre de ses consultations régionales.
Des lectures divergentes
Plusieurs analyses ont lié la question des frontières à la zone de Lagouira, à l'extrême sud du territoire. Le journaliste mauritanien Cheikh Ahmed Amin, interrogé par Hespress, estime toutefois que le rapport ne permet pas d'affirmer que la Mauritanie revendique Lagouira ou a modifié sa position historique, soulignant « une différence fondamentale entre la définition des frontières dans le cadre d'un accord final et une revendication de souveraineté ».
Il rappelle que la Mauritanie a renoncé à ses prétentions territoriales sur le Sahara après l'accord d'Alger du 10 août 1979.
Le diplomate et chercheur marocain Mohammed Loulichki, dans une note du Policy Center for the New South, estime pour sa part que la démarche mauritanienne répond surtout à des préoccupations économiques et sécuritaires liées à la presqu'île de Ras Nouadhibou et à la zone de Lagouira, proche du port de Nouadhibou, face à la montée en puissance du port de Dakhla Atlantique.
Le gouvernement mauritanien n'a pas commenté publiquement la mention de sa proposition dans le rapport, selon les éléments consultés par Madar dimanche à la mi-journée.




