Madar (Alger) - En moins de deux mois, l'Algérie est passée de l'envoi d'avions de combat en soutien à l'armée nigérienne à l'obtention d'un mandat parlementaire pour déployer des unités de son armée au Niger.
Dimanche 25 octobre 2026, le Conseil de la nation, à l'unanimité, puis l'Assemblée populaire nationale, à la majorité absolue, ont approuvé à huis clos la notification du président Abdelmadjid Tebboune concernant l'envoi d'unités de l'Armée nationale populaire en République du Niger, conformément à l'article 136 (alinéa 3) de la Constitution, selon l'agence officielle APS.
Du ciel au sol
Le ministère algérien de la Défense avait annoncé le 30 août l'envoi de deux patrouilles d'avions de combat pour soutenir l'armée nigérienne face à "une tentative de déstabilisation", à la demande des autorités nigériennes et sur instruction du président Tebboune, selon l'APS.
Les contacts militaires se sont ensuite accélérés : l'Algérie et le Niger ont signé le 21 octobre un mémorandum d'entente de coopération militaire lors de la visite du ministre nigérien de la Défense, le général d'armée Salifou Mody, à qui le chef d'état-major algérien, le général d'armée Saïd Chanegriha, a assuré que l'armée algérienne était prête à étudier "toute proposition nigérienne", avant qu'il ne soit reçu par le président Tebboune.
L'énergie au cœur du rapprochement
Ce rapprochement militaire s'accompagne d'une présence algérienne croissante dans le secteur énergétique nigérien : l'Algérie a dépêché du 12 au 19 octobre des experts du ministère des Hydrocarbures et de Sonatrach pour aider à maîtriser l'incident du puits pétrolier de Gomri, sur le champ d'Agadem, tandis que le Niger attend 30 millions de litres d'essence d'Algérie pour faire face à la pénurie de carburant qui a gagné Niamey, selon des médias cités par Madar.
L'agence Bloomberg a titré que l'Algérie avait voté l'envoi de troupes "pour protéger les installations pétrolières du Niger", mais les sources officielles algériennes n'ont pas, à ce stade, précisé la nature de la mission de ces unités.
Ce qui reste inconnu
Les autorités algériennes n'ont pas annoncé l'effectif des militaires concernés, leurs zones de déploiement, la durée de la mission ni sa date de début, et l'APS n'a pas publié le décompte des voix à l'APN. Niamey n'a pas encore réagi officiellement à la décision du Parlement algérien.




