Madar (N'Djamena) - La commission tripartite réunissant le Tchad, la Centrafrique et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a adopté son règlement intérieur et un chronogramme des opérations de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant au Tchad, à l'issue de sa première réunion, mardi 3 et mercredi 4 novembre à N'Djamena, selon le site Tchadinfos.
D'après un communiqué du HCR cité par le site, les premiers retours devraient être organisés avant la fin de l'année, en étroite collaboration avec les autorités des deux pays, sur une base "strictement volontaire" et dans des conditions garantissant la sécurité, la dignité et la protection des réfugiés.
Les délégations étaient conduites par la ministre tchadienne de l'Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, Zara Mahamat Issa, la ministre centrafricaine de l'Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale, Josiane Lina Bemaka-Soui, et le représentant du HCR au Tchad, Patrice Ahouansou, accompagné de son homologue en Centrafrique, William Chemaly.
Pour Patrice Ahouansou, la réunion constitue "une étape importante" dans la mise en œuvre de l'accord tripartite signé le 22 octobre 2024. Les parties ont défini leurs responsabilités respectives, les dispositions logistiques et sécuritaires, les procédures de vérification des candidats au retour ainsi que les mécanismes de partage des manifestes et d'information des réfugiés.
Le Tchad accueille environ 147 000 réfugiés centrafricains, principalement dans le sud du pays, arrivés en plusieurs vagues depuis le début des années 2000 pour fuir les violences et les conflits successifs. Les enquêtes menées en 2025 et 2026 par le HCR et la Commission nationale d'accueil, de réinsertion des réfugiés et des rapatriés (CNARR) dans les provinces du Logone Oriental, du Mandoul, du Moyen-Chari et du Salamat montrent que 61 000 d'entre eux souhaitent rentrer. Chaque candidat déjà enregistré devra confirmer individuellement sa décision avant le départ.
Les rapatriés pourront rejoindre leurs localités d'origine ou toute autre destination de leur choix, notamment dans les préfectures de l'Ouham et de la Lim-Pendé, avec parmi les destinations envisagées Paoua, Kabo, Markounda, Sido, Batangafo et Bangui. La Centrafrique s'engage à favoriser leur réintégration durable, notamment par l'accès aux services de base, aux documents d'état civil, aux moyens de subsistance, à la terre et à la propriété, et des visites "Go and See" seront organisées pour des représentants des réfugiés, notamment des femmes et des jeunes.
Les réfugiés qui choisiront de rester au Tchad continueront de bénéficier de la protection internationale avec le soutien du gouvernement tchadien. À l'ouverture des travaux, la ministre tchadienne avait déclaré que "le Tchad ne contraindra aucun réfugié à regagner son pays contre sa volonté" et que "le retour est un droit et non une obligation". Le Tchad accueille au total plus de 1,5 million de réfugiés et de demandeurs d'asile, originaires principalement du Soudan, de la Centrafrique, du Nigeria et du Cameroun.




