Madar (N'Djamena) - Le vice-Premier ministre tchadien chargé de l'Administration du territoire, Limane Mahamat, a annoncé le vendredi 16 octobre 2026 à Bardaï, dans la province du Tibesti, la clôture de l'enquête administrative sur les événements de Tourkou et le transfert du dossier à la justice, selon Tchadinfos. Une annonce qui intervient alors que la zone aurifère de Miski, dans la même province, connaît un regain de tension après des affrontements meurtriers.
Selon les conclusions de la délégation gouvernementale, une plainte des proches de la victime, Tahir Souleymane Arim Itno, a permis d'identifier nommément plusieurs personnes soupçonnées d'être impliquées. Faute de juridiction établie au Tibesti, la Cour suprême a décidé le 12 octobre de confier l'affaire à la Cour d'appel de N'Djamena, dont le parquet prévoit de dépêcher un magistrat et des officiers de police judiciaire à Bardaï. Les deux communautés ont accepté, par la voix de leurs chefs traditionnels, de s'en remettre à la justice ; aucun règlement du volet civil n'a été conclu à ce stade.
La mort de Tahir Souleymane Arim Itno avait provoqué des tensions entre deux communautés à Tourkou, dans le département de Wour, conduisant à l'enlèvement de quatorze personnes retenues de part et d'autre pendant environ 72 heures, selon les autorités. Elles ont été libérées sans condition le 8 octobre, au lendemain de l'arrivée de la délégation à Bardaï.
À Miski, l'état-major général des armées a annoncé la mort de deux officiers et neuf blessés dans les rangs de la Brigade minière lors d'échanges de tirs le 14 octobre, accusant le comité d'autodéfense de violer les accords de paix et exigeant le dépôt immédiat des armes, tout refus devant être considéré comme « un acte de rébellion ». Le comité a appelé ses membres à cesser les tirs et à regagner leurs positions, sollicitant une nouvelle intervention du gouvernement et du Médiateur de la République et mettant en cause certains responsables de la Brigade minière. Aucun bilan indépendant n'a pu être établi.
Ces tensions renvoient à l'accord de paix de quatorze articles signé le 20 avril 2025 à Bardaï entre le gouvernement et le comité d'autodéfense, sous l'égide du Médiateur Saleh Kebzabo, qui prévoit l'intégration des combattants dans les forces de défense et de sécurité et la suspension des activités minières à Miski. Selon des sources à la Primature et à la Médiature citées par Tchadinfos, la commission de suivi de l'accord n'a jamais été formellement installée, même si la délégation gouvernementale a annoncé le 3 octobre à Miski une interdiction provisoire de l'exploitation de l'or.



