Madar (Niamey) - Human Rights Watch a appelé les autorités nigériennes à révéler d'urgence où se trouve le journaliste Moussa Kaka, à garantir sa sécurité et à le libérer s'il n'est pas inculpé d'une infraction pénale avérée, estimant qu'il est victime d'une "disparition forcée" depuis deux mois, dans un communiqué publié ce jeudi 29 octobre 2026.
Selon l'ONG, Moussa Kaka, directeur général de la Radio Télévision Saraounia, un média privé, et ancien correspondant de RFI, a quitté son bureau à Niamey le 31 août 2026 pour rentrer chez lui, sans jamais arriver. Sa famille et ses collègues sont restés plusieurs semaines sans nouvelles.
Le 25 septembre, lors de l'Examen périodique universel du Niger à Genève, le ministre de la Justice, Alio Daouda, a reconnu que le journaliste était détenu pour une "infraction" présumée et qu'il "répondra devant les tribunaux", sans préciser l'accusation ni le lieu de détention, rapporte HRW.
"Deux mois après sa disparition, les autorités n'ont toujours pas indiqué où il se trouve ni expliqué sa détention", a souligné Ilaria Allegrozzi, chercheuse principale sur le Sahel à HRW, appelant à rendre compte immédiatement de son sort et à le libérer s'il n'a pas été inculpé équitablement.
Ses collègues craignent un lien avec les arrestations qui ont suivi la tentative de coup d'État militaire du 29 août à Niamey, selon l'ONG. Moussa Kaka avait déjà passé 379 jours en prison en 2007-2008 et avait été interpellé en octobre 2025 avec cinq autres journalistes au sujet d'une conférence de presse annoncée sur un fonds public de soutien aux forces de sécurité, avant d'être libéré.




