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Maroc : OCP cherche des investisseurs pour Mzinda sur fond de hausse des coûts

Photo d'illustration d'une installation de phosphate près de Laâyoune, et non du complexe de Mzinda. Date de prise de vue inconnue.
Phosphate près de Laâyoune (Fadel Senna/AFP/Getty Images)

Le groupe marocain OCP mène des discussions avec des investisseurs locaux et étrangers au sujet d'une éventuelle prise de participation dans son nouveau complexe d'engrais de Mzinda, dont le démarrage est prévu en 2027. Ces informations ont été rapportées par Bloomberg et reprises jeudi 15 octobre par Business Insider Africa.

Selon une personne au fait des discussions citée dans ce reportage, la hausse du prix du soufre a ralenti l'avancement du projet et accru les besoins de financement pour régler les entrepreneurs et les fournisseurs. Il s'agit de pourparlers, et non d'une transaction conclue ou de l'annonce de la vente d'une participation déterminée.

Le même reportage indique qu'OCP envisage aussi d'accueillir des investisseurs dans son activité Specialty Products & Solutions (SPS), qui produit notamment de l'acide phosphorique purifié destiné aux batteries, ainsi que dans Uranext, sa filiale spécialisée dans l'extraction d'uranium à partir des phosphates.

Ces discussions interviennent dans un contexte de dégradation des résultats financiers. Les comptes du premier semestre 2026, publiés le 29 septembre et déposés auprès de l'Autorité marocaine du marché des capitaux, font apparaître une perte nette consolidée de 2,546 milliards de dirhams, contre un bénéfice de 8,611 milliards un an auparavant. La perte nette part du groupe s'établit à 2,837 milliards de dirhams.

Le chiffre d'affaires a reculé à 48,372 milliards de dirhams, contre 52,166 milliards au premier semestre 2025. L'EBITDA est revenu à 13,307 milliards de dirhams, soit une marge de 28 %, contre 36 % un an plus tôt.

Dans son communiqué de résultats, OCP explique que l'envolée du prix du soufre et la hausse de celui de l'ammoniac ont alourdi ses coûts de production. Les contraintes de pouvoir d'achat des agriculteurs ont limité la répercussion intégrale de ces hausses sur les prix des engrais. Le groupe décrit un marché marqué par les tensions au Moyen-Orient, les difficultés d'approvisionnement et le recul de la demande sur plusieurs débouchés.

Pour s'adapter, OCP a avancé au deuxième trimestre une partie de ses opérations de maintenance et accru la place du triple superphosphate (TSP), qui nécessite moins de soufre et pas d'ammoniac. Ce produit a représenté 35 % des volumes d'engrais exportés au premier semestre, contre 26 % un an auparavant.

Les dépenses d'investissement ont atteint 16,067 milliards de dirhams sur les six premiers mois. À fin juin, la dette financière nette s'établissait à 115,466 milliards de dirhams, contre 119,118 milliards fin 2025, tandis que la trésorerie et ses équivalents atteignaient 32,692 milliards.

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