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INTERNATIONAL

Détroit d'Ormuz : record d'attaques contre des navires, le pétrole ralentit

Un pétrolier rouge éclairé naviguant près d'une falaise rocheuse au crépuscule, photo d'archives
Un pétrolier en mer (archives)

Madar (International) - Douze navires ont été attaqués aux abords du détroit d'Ormuz entre le 5 et le 11 octobre 2026, soit le plus grand nombre hebdomadaire d'attaques signalées à l'agence britannique UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, selon une analyse publiée vendredi 16 octobre par la cellule de vérification de la BBC, BBC Verify, à partir des rapports de l'agence.

La semaine précédente, dix navires avaient signalé des attaques, et six frappes ont été recensées le seul dimanche 11 octobre, un record sur une journée. Parmi les navires touchés figure le pétrolier « Petro Dolphin », battant pavillon nicaraguayen, frappé par un drone près du mouillage de Sohar, à Oman, à plus de 250 km du détroit, selon la société de renseignement maritime Vanguard. Le porte-conteneurs « GFS Pride » a, lui, sombré mardi 13 octobre après avoir été atteint par un projectile non identifié dans le détroit ; ses 21 membres d'équipage ont été évacués. Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé qu'il transportait de la « contrebande » et empruntait une « route non autorisée ».

Les flux pétroliers s'en ressentent : environ 12,6 millions de barils par jour ont transité par le détroit le 13 octobre, contre 15 millions fin septembre, selon les données de la société d'analyse Kpler, et quelque 17 millions avant la guerre. L'essentiel du brut du Golfe passe désormais par un système de navettes longeant la côte omanaise, un itinéraire que Téhéran juge « non autorisé ». Les exportations iraniennes sont, elles, totalement à l'arrêt en raison du blocus américain des ports et navires iraniens.

Selon des données de la marine américaine, le nombre de navires assistés pour franchir le détroit durant les dix premiers jours d'octobre a bondi de 85 % par rapport à la même période d'août. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assure que le trafic commercial se poursuit sous une protection coordonnée. Pour Martin Kelly, directeur général d'Orbital Risk Intelligence, interrogé par la BBC, l'Iran a « fait évoluer sa stratégie » et multiplie des attaques quasi quotidiennes pour dissuader les navires de passer, en les étendant vers les côtes des pays du Golfe et le golfe d'Oman.

En Mauritanie, un député avait estimé en mai 2026 que la crise d'Ormuz avait révélé la fragilité de l'économie nationale, et Nouakchott avait condamné le 9 août 2026 l'attaque d'un pétrolier émirien dans le détroit et appelé à garantir la sécurité de la navigation, comme l'avait rapporté Madar.