La Mauritanie a continué d'améliorer son environnement des affaires grâce à des réformes juridiques et administratives, mais la lenteur de la justice, l'insécurité foncière et l'accès difficile au financement freinent toujours les investisseurs, selon le rapport 2026 du Département d'État américain sur le climat des investissements.
D'après ce document, publié par le Bureau des affaires économiques, énergétiques et commerciales, la croissance mauritanienne a ralenti à 4,2 % en 2025, après 6,3 % en 2024. Elle devrait remonter à 4,8 % en 2026 grâce au secteur extractif, tandis que la croissance hors industries extractives reculerait à 4,4 %, contre 5,1 % en 2025, en raison des effets du conflit au Moyen-Orient sur les prix du pétrole et la demande. Le déficit budgétaire est estimé à environ 0,3 % du PIB en 2025 et la dette publique à près de 42 % du PIB.
Le rapport met en avant le Code des investissements révisé en 2025, qui garantit le rapatriement des bénéfices et l'accès à l'arbitrage international, simplifie les procédures et confie l'agrément des projets à un comité interministériel présidé par le Premier ministre, en lieu et place du Conseil des ministres. Il cite aussi la loi de 2024 sur les partenariats public-privé et la plateforme Khidmaty, qui permet d'immatriculer une entreprise en ligne. Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, partagé avec le Sénégal, est entré en production en décembre 2024 et a exporté ses premières cargaisons de gaz naturel liquéfié en avril 2025.
Le Département d'État relève en revanche que les procédures judiciaires peuvent être lentes et l'exécution des décisions parfois inégale, ajoutant que les juges font souvent face à des pressions tribales et paraissent exposés à la corruption. Une part importante des terres reste par ailleurs dépourvue de titres de propriété clairs, et les litiges fonciers sont fréquents, notamment près du fleuve Sénégal.
Côté financement, le crédit bancaire demeure la principale source de financement des entreprises, faute de marché boursier et obligataire opérationnel à la mi-2026, malgré la loi de décembre 2024 créant un marché financier. Le secteur bancaire, qui compte 18 banques locales, reste dominé par des établissements familiaux qui servent souvent des groupes commerciaux qui leur sont liés, ce qui pose des difficultés en matière de transparence et de supervision.
En matière de lutte contre la corruption, le rapport mentionne l'adoption de trois lois en 2025, dont celle sur la déclaration de patrimoine et d'intérêts, ainsi que la création de l'Autorité nationale de lutte contre la corruption en avril 2026, mais juge que l'application des textes reste inégale. Il estime le taux de chômage à 10,3 % en 2025, selon le ministère de l'Emploi et de la Jeunesse, et souligne que la Mauritanie n'a subi aucune attaque terroriste depuis 2011, malgré les risques liés à l'instabilité au Sahel et à l'afflux de réfugiés.




