Madar (Nouakchott) - Le président du Front pour la citoyenneté et la justice (FCJ, Jemaa), Mohamed Jemil Ould Mansour, a affirmé que les partis de la majorité n'avaient pas été consultés sur le choix de leurs représentants au comité du dialogue national inclusif, et qu'il avait découvert les noms dans le groupe WhatsApp de la majorité, lors de l'émission « Hiwar Sahara 24 » sur la chaîne Sahara 24.
Selon lui, la majorité a tenu deux réunions sans parvenir à arrêter les noms, et le président de sa coordination, Mohamed Ould Bilal Messoud, président du parti El Insaf, a décidé de poursuivre la discussion lors de réunions ultérieures, qui n'ont jamais eu lieu. À l'approche de la date limite du 15 octobre, il dit avoir tenté de joindre le président d'El Insaf, sans réponse, puis être passé par son vice-président, Mohamed Yahya Ould Horma, qui lui aurait répondu que l'agenda du président était « chargé » et qu'il pouvait lui laisser un message sur WhatsApp.
Son parti s'est réuni mardi et jeudi pour arrêter une position commune, avant de recevoir vendredi 16 octobre au matin un message du président d'El Insaf annonçant les noms. Le FCJ les a rejetés, a suspendu sa participation à la majorité et a quitté son groupe WhatsApp. Ould Mansour conteste que le choix ait reposé sur la représentation des partis au Parlement et leur nombre de maires et de conseillers, un critère qui n'avait, selon lui, pas été évoqué et qui pénalise les partis créés après les élections. Il plaide pour des critères de présence politique, de mobilisation, d'implantation dans les wilayas et de « force de proposition ».
Dans la seconde partie de l'entretien, il a estimé que les partis de la majorité ne débattaient pas en profondeur, des responsables lui ayant conseillé de ne pas discuter les sujets soumis, la mission de la majorité étant selon eux de « courir après ce que pense le président ». « J'ai certes quitté l'opposition pour la majorité, mais cela ne change pas ma formation politique », a-t-il déclaré.
Il a dénoncé l'acceptation de décisions « emballées » sans débat : « Certaines élites s'acharnent à emballer les idées sans qu'on le leur demande, et le meilleur exemple en est la revendication d'un troisième mandat que le président n'a pas demandé. »
Le FCJ avait annoncé vendredi le gel de son appartenance à la coalition de la majorité pour protester contre le choix de ses représentants au comité de supervision du dialogue, la majorité affirmant pour sa part que ce choix reposait sur la représentation électorale des partis.




