Madar (International) - Le parquet de Rome a élargi, vendredi 16 octobre 2026, une enquête pénale sur le traitement réservé aux activistes italiens détenus par Israël lors de l'interception de la « Global Sumud Flotilla » en route vers Gaza. Sont désormais visés le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, et 12 hauts responsables de l'armée, de la police et de l'administration pénitentiaire, dont le chef d'état-major Eyal Zamir, selon Reuters et Al Jazeera, qui citent un communiqué du parquet.
Les faits examinés relèvent, selon ce communiqué, de la torture, de l'enlèvement, des coups et blessures, du vol et de la dégradation de biens. L'enquête a été ouverte à la suite des plaintes de 50 citoyens italiens arrêtés lors de deux missions de la flottille, en 2025 et en 2026. Les plaignants font état de coups et de menaces de mort ; pour la seconde mission, le parquet évoque des traitements plus durs, notamment des passages à tabac dans l'obscurité, l'usage de pistolets à impulsion électrique et de balles en caoutchouc, ainsi qu'au moins 15 cas d'agressions sexuelles, dont des viols.
D'après l'agence Anadolu, qui reprend la radio-télévision publique israélienne Kan citant l'agence italienne ANSA, l'enquête vise aussi des commandants de la marine, le commissaire général de la police Danny Levy et le directeur de l'administration pénitentiaire Kobi Yaakobi. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, est visé depuis juin. Ni Israel Katz ni Eyal Zamir n'ont réagi, selon Anadolu.
En juin, le parquet avait adressé à Israël une demande d'entraide judiciaire, sans préciser s'il avait obtenu une réponse, et s'est concerté avec Eurojust, l'agence européenne de coopération judiciaire, d'autres enquêtes similaires étant en cours en Europe. Le droit italien permet de poursuivre à Rome les crimes commis à l'étranger contre des ressortissants italiens. Le parquet pourra requérir un procès s'il estime les charges fondées ; être visé par l'enquête ne vaut pas mise en accusation.
La première mission de la flottille avait quitté Barcelone en septembre 2025 avec 42 bateaux et 462 activistes, avant d'être interceptée dans les eaux internationales début octobre. La seconde, partie en avril 2026, a vu environ 430 personnes détenues sur une cinquantaine de navires entre le 30 avril et le 19 mai. Des Mauritaniens figuraient parmi les participants : le 21 mai 2026, la coordination « Soumoud » avait annoncé la libération de quatre d'entre eux, comme l'avait rapporté Madar.


