Madar (Nouakchott) - L'inflation en Mauritanie a atteint 9,3 % en glissement annuel en septembre 2026, contre 1,5 % en septembre 2025, selon le bulletin mensuel de l'indice national des prix à la consommation de l'Agence nationale de la statistique et de l'analyse démographique et économique (ANSADE). L'inflation moyenne sur les douze derniers mois s'établit à 6,3 %.
Les chiffres de l'agence montrent une accélération quasi continue en un an : 3,3 % en novembre 2025, 4,1 % en décembre, 4,7 % en mars 2026, puis un bond à 7,6 % en avril et 9,2 % en juin, avant 8,5 % en juillet, 8,9 % en août et 9,3 % en septembre. L'indice général est passé de 128,4 à 140,3 points sur la période.
L'alimentation et les boissons non alcoolisées, qui pèsent environ la moitié du panier, mènent la hausse avec +12,5 % sur un an. Le poisson et les fruits de mer enregistrent la plus forte hausse (+44,8 %), suivis de la viande (+23,7 %), des légumes (+13,2 %), des fruits et du café-thé (+9,8 % chacun) et du pain et des céréales (+6,2 %), la hausse étant plus modérée pour les huiles (3,7 %), les produits laitiers et les œufs (2,5 %) et le sucre (1,5 %).
Hors alimentation, le logement, l'eau, l'électricité, le gaz et autres combustibles ont augmenté de 8,9 % sur un an, tout comme les transports (8,9 %), le tabac (21,6 %), les restaurants et hôtels (6 %) et la santé (2,3 %), tandis que les communications sont restées stables.
Sur un mois, l'indice a progressé de 0,6 % en septembre par rapport à août, porté par l'alimentation (+1,1 %) avec la hausse des légumes (+5 %), des fruits (+3,4 %) et de la viande (+1,2 %), le logement (+0,3 %) avec l'eau (+2,1 %) et la santé (+0,3 %), alors que l'ameublement, les communications et les transports ont freiné la hausse.
Ces chiffres interviennent alors que le Conseil de politique monétaire de la Banque centrale a plaidé pour un resserrement, estimant, selon le procès-verbal consulté par Reuters et rapporté par Sahara Medias, qu'un taux directeur (6,75 %) inférieur à l'inflation, conjugué à l'excès de liquidité bancaire, peut alimenter les tensions sur les prix, les produits alimentaires contribuant pour environ 6,8 points à l'inflation.




