Madar (Nouakchott) - La Mauritanie a intercepté depuis le début de l'année 37 embarcations à destination des îles Canaries, empêchant plus de 4 300 personnes de poursuivre leur voyage vers l'Espagne « dans des conditions très risquées », selon un communiqué du ministère espagnol de l'Intérieur publié mardi 3 novembre 2026 et repris par la presse espagnole.
Ces chiffres ont été rendus publics lors de la visite à Nouakchott du ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui a remercié le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani pour « les efforts conjoints » en matière de contrôle des frontières et de lutte contre les réseaux de traite. Parmi les embarcations interceptées figure, selon le ministère, un bateau transportant 204 migrants, dont 28 mineurs.
Grande-Marlaska a salué le travail des garde-côtes mauritaniens lors de sa rencontre avec la ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, Aïssata Lam, estimant que la coopération entre la Mauritanie et les Canaries « sauve des vies et frappe les réseaux criminels ». Il a aussi remercié son homologue mauritanien pour sa contribution à la protection des personnes les plus vulnérables.
Le ministre espagnol a salué l'intégration d'un officier de liaison mauritanien au Centre de coordination régional des Canaries et le travail de l'équipe d'enquête policière conjointe déployée à Nouadhibou, demandant de reproduire ce modèle à Nouakchott. Il a également insisté sur le renforcement des retours, dont l'effet dissuasif en fait selon lui un outil clé de prévention.
Selon le ministère, l'Espagne compte actuellement en Mauritanie 40 membres de la Police nationale et de la Guardia Civil, dotés de deux embarcations, d'un hélicoptère et de 14 véhicules tout-terrain, en plus du déploiement périodique d'avions et de navires destinés pour l'essentiel aux patrouilles conjointes.




