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Sahel

Burkina Faso : une société d'État "Faso SANU" pour réorganiser les sites d'orpaillage illégaux

Des orpailleurs creusent des fosses à la pelle sur un site aurifère artisanal
Des orpailleurs, photo d'illustration (archives)

Madar (Ouagadougou) - Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté jeudi 5 novembre 2026 trois décrets relatifs au secteur minier, dont la création d'une société d'État dénommée "Faso SANU" ("or" en langue dioula) et l'encadrement de l'exploitation des sites miniers illégaux, selon la synthèse du Conseil publiée par le gouvernement burkinabè.

La session était présidée par le chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, d'après le porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo.

Le premier décret fixe les conditions et modalités de réorganisation de l'exploitation des sites miniers illégaux, y compris ceux faisant l'objet de conflits et ceux présentant un "caractère stratégique pour l'État". Selon le ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, il vise à "instaurer un climat apaisé" pour l'exploitation artisanale de l'or. "Tout acteur qui se rendra coupable de l'emploi des enfants sur les sites miniers se verra appliqué toute la rigueur de la loi", a-t-il averti, selon la synthèse.

Le deuxième décret crée Faso SANU, appelée à servir de bras technique de l'État pour réorganiser ce sous-secteur et mettre en œuvre le premier décret. La société sera détenue à 50 % par la Société nationale des substances précieuses (SONASP) et à 50 % par le Trésor public. Le troisième décret en adopte les statuts.

Au titre de la Santé, le Conseil a adopté un décret modifiant l'organigramme du ministère, aligné sur le nouveau découpage territorial et la mise en place des Centres médicaux communaux. Il prévoit notamment la création d'un Faso Center for Disease Control and Prevention (Faso CDC), d'une Agence burkinabè de médecine traditionnelle, de directions provinciales de la santé et de centres hospitaliers provinciaux, ainsi que la dissolution de la Société de gestion d'équipements et de la maintenance biomédicale (SOGEMAB).

Le Conseil a également adopté un projet de loi révisant la loi de 2019 portant orientation du sport et des loisirs. Parmi les innovations figurent la protection sociale et une rémunération décente des sportifs, la subordination des participations internationales des équipes nationales à une autorisation préalable du gouvernement, ainsi que le renforcement des règles sur la santé des athlètes et la lutte antidopage.

Ces décisions sur les mines interviennent quelques jours après l'expulsion de milliers d'orpailleurs des sites de Siguiri, en Guinée, dont des centaines sont arrivés au Mali, une crise qui touche notamment des ressortissants burkinabè.

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