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Sahel

Burkina Faso : la ministre de la Solidarité rejette les appels aux représailles contre les Guinéens et évoque 50 000 retours

Une grande avenue arborée de Ouagadougou, bordée d'immeubles, avec voitures et motos
Une avenue de Ouagadougou (archives)

Madar (Ouagadougou) - La ministre burkinabè de la Famille et de la Solidarité, la lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kabré, a appelé au calme et à la retenue face aux appels aux représailles contre la communauté guinéenne qui circulent sur les réseaux sociaux, après le retour massif de Burkinabè ayant quitté les sites d'orpaillage en Guinée, selon le site guinéen Ledjely et l'Agence de presse africaine (APA), qui citaient ce samedi 7 novembre 2026 un entretien diffusé par la télévision nationale burkinabè (RTB).

"Tous ceux qui sont en train de lancer des messages qui vont dans le sens de représailles à l'endroit des Guinéens, je voudrais les appeler au calme et à la retenue et rassurer toutes les communautés, et particulièrement la communauté guinéenne, qu'ils sont ici au Burkina Faso chez eux. Il n'est pas question qu'un Guinéen soit inquiété par la situation qui vient de se passer", a-t-elle déclaré, selon ces sources.

Le gouvernement n'est "ni de près ni de loin" lié à ces mots d'ordre et prendra "toutes les dispositions" pour rassurer les communautés, a-t-elle ajouté, estimant que participer à de tels actes remettrait en cause le caractère panafricaniste de la Révolution progressiste populaire, selon APA.

Sur l'ampleur des retours, la ministre a indiqué que les premiers chiffres communiqués allaient de 3 000 à 10 000, avant une évolution rapide de la situation : à son arrivée à Bamako, plus de 10 000 personnes se trouvaient dans les rues de la capitale malienne, et l'estimation actuelle "tourne autour de 50 000", l'enregistrement biométrique devant permettre des chiffres consolidés, selon Ledjely.

Elle a précisé que 199 cars et camions, répartis en cinq convois dont le dernier compte 30 bus, étaient en route pour ramener les ressortissants. Dépêchée à Bamako sur instruction du président du Faso pour évaluer la situation avec les autorités maliennes, elle a fait état de blessés, de malades et de traumatismes parmi les rapatriés, et salué la prise en charge déjà assurée par le Mali, selon la même source.

Ces déclarations interviennent dans le contexte de la fermeture par les autorités guinéennes des sites d'orpaillage clandestins, notamment dans la région de Siguiri, une opération que Conakry présente comme destinée à protéger l'environnement et à faire respecter la réglementation.

Madar avait rapporté vendredi le recensement de 3 533 retours de Guinée à Koloko et Bobo-Dioulasso et le dispositif d'accueil des orpailleurs expulsés.

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