Madar (Nouakchott) - La Banque centrale de Mauritanie a relevé son taux directeur de 50 points de base, de 6,75 % à 7,25 %, et porté le taux des réserves obligatoires des banques de 8 % à 15 %, afin de durcir sa politique monétaire face à une inflation de 9,3 % en septembre 2026, selon un communiqué du Conseil de politique monétaire rapporté par Sahara Medias.
Selon le Conseil, ces décisions visent à contenir les pressions inflationnistes, ancrer les anticipations de stabilité des prix et renforcer l'absorption de la liquidité bancaire, le taux d'intérêt réel calculé sur l'inflation observée restant négatif.
La hausse des réserves obligatoires devrait accroître les fonds immobilisés par les banques d'environ 10,19 milliards d'ouguiyas, de 11,64 à quelque 21,83 milliards, à dépôts constants, l'effet net sur la liquidité dépendant de l'évolution des dépôts et du réglage des autres instruments.
Le Conseil justifie ce durcissement par une inflation supérieure à sa prévision de 8,2 % pour septembre et par des signes de diffusion des hausses au-delà des produits frais et de l'énergie, avec des risques orientés à la hausse. Les deux mesures seront appliquées progressivement et leur effet évalué lors de la prochaine réunion.
Un compte rendu antérieur du Conseil appelait déjà à durcir les conditions monétaires avec une inflation à 9,3 %, en mettant en garde contre l'excès de liquidité bancaire.
Le parti Sawab, représenté au Parlement, a mis en garde lundi contre les effets de la hausse des prix sur le pouvoir d'achat, estimant que les relèvements successifs du taux directeur, de 6 % en mai 2026 à 7,25 %, illustrent l'ampleur des difficultés, et jugeant les mesures monétaires peu efficaces, selon Sahara Medias.




