Aller au contenu
Mauritanie

Exonérations fiscales : 17,6 milliards MRU de recettes perdues en 2025, le quart des recettes fiscales

Billets mauritaniens de 50, 100, 200, 500 et 1 000 ouguiyas étalés, image d'archives
Billets en ouguiyas mauritaniens (archives)

Madar (Nouakchott) - Les exonérations et autres dérogations fiscales ont coûté 17,634 milliards MRU au budget de l'État mauritanien en 2025, soit 3,73 % du PIB, 16,67 % des recettes budgétaires totales et le quart des recettes fiscales (25,48 %), selon le rapport sur les dépenses fiscales 2025 annexé au projet de loi de finances initiale 2027, publié ce dimanche 8 novembre 2026 sur le site du ministère des Finances.

Selon ce rapport, 1 046 mesures dérogatoires issues de 16 sources juridiques différentes ont été recensées, dont la majorité (594) relève du Code général des impôts. Le document relève qu'"une part significative" des exonérations est instaurée par actes réglementaires, "soulignant un rôle important de l'exécutif dans un domaine relevant normalement du législatif".

Au total, 952 de ces mesures, soit 97 %, sont des exonérations totales, ce qui traduit selon le rapport un "faible ciblage" des dispositifs d'incitation fiscale. Les secteurs les plus concernés sont les produits alimentaires, les médicaments, les mines et l'industrie, ainsi que les hydrocarbures. Les ménages sont visés par 43,9 % des mesures et les entreprises privées par 40,8 %, suivis des entreprises publiques, des associations et des organismes internationaux.

Les impôts et taxes sur la consommation (TVA, droits de douane, redevance statistique, taxes de consommation) concentrent 92 % des pertes de recettes, et la fiscalité de porte près de 78 % des dépenses fiscales évaluées. Les droits de douane représentent à eux seuls 42,7 % du coût total.

Sur les cinq dernières années, les dépenses fiscales sont passées de 10,5 milliards MRU en 2021 à 15,9 milliards en 2022, avant de retomber à 10,7 milliards en 2023, puis de remonter à 17,618 milliards en 2024 et de se stabiliser à 17,634 milliards en 2025. Le rapport attribue cette hausse essentiellement à l'élargissement du périmètre d'évaluation et à l'amélioration de la méthode de calcul, plutôt qu'à l'ajout de nouvelles exonérations.

L'évaluation reste partielle, ne couvrant que 9 impôts et taxes en raison de l'insuffisance des données statistiques. Troisième rapport annuel de l'Unité de politique fiscale depuis sa création, le document plaide pour "une révision stratégique des exonérations" afin d'en améliorer le ciblage, l'efficacité économique et sociale et l'équité fiscale.

Il recommande notamment de généraliser l'obligation déclarative pour les bases non imposables à tous les impôts, d'assurer un suivi strict de la circulaire du ministre des Finances prise en application de l'article 12 de la loi organique relative aux lois de finances sur l'introduction de nouvelles mesures dérogatoires, et de renforcer la coordination entre le ministère des Finances et les départements concernés.

Articles associés