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SAHEL

Agadem : une fuite de méthane détectée depuis l'espace

Des responsables nigériens et chinois signent des accords pétroliers à Niamey, photo d'archives
Accords pétroliers Niger-Chine (archives)

Madar (Niamey) - Le service européen de surveillance de l'atmosphère Copernicus détecte depuis l'espace une fuite de méthane au-dessus du bloc pétrolier d'Agadem, dans le nord-est du Niger, avec un débit supérieur à 40 tonnes par heure à chaque passage du satellite, a rapporté vendredi 16 octobre 2026 l'Agence Ecofin. Selon elle, les données publiées le mercredi 14 octobre montrent une fuite active depuis fin septembre, liée à l'éruption du puits Goumeri W-8, exploité par CNPC Niger Petroleum, filiale de la China National Petroleum Corporation.

Richard Engelen, directeur adjoint du service Copernicus, cité par Ecofin, précise que le débit n'est jamais descendu sous les 40 tonnes par heure. Au 13 octobre, après dix-huit jours, le cumul dépassait ainsi 17 000 tonnes de méthane, selon le calcul de l'agence. Ecofin relève que le communiqué du ministère du Pétrole ne mentionne pas les émissions de gaz ni le volume de brut répandu, et que l'opérateur chinois n'a fait aucune déclaration publique.

Sur le terrain, le ministre du Pétrole, Hamadou Tinni, et celui de l'Environnement, le colonel Abdoulaye Maizama, se sont rendus mercredi 14 octobre sur le puits, accompagnés du gouverneur de Diffa et d'experts dépêchés par l'algérienne Sonatrach, rapporte ActuNiger. D'après les premières évaluations citées par le site, l'intensité des projections a diminué et le bouchage engagé par la CNPC a considérablement réduit le débit, mais la situation « reste toutefois critique ».

Dans un communiqué lu à la télévision nationale le lundi 12 octobre, le ministère du Pétrole avait annoncé l'éruption, survenue le 25 septembre et ayant projeté brut et gaz à plus de dix mètres de hauteur, la qualifiant d'incident d'une « gravité exceptionnelle » encore non « totalement maîtrisé ». La plateforme, partagée avec les puits W-3 et W-4, a subi d'importantes dégradations ; deux employés ont été hospitalisés, sans perte en vie humaine, et la « piste criminelle et terroriste » a été écartée selon les premières constatations.

Le gouvernement a ouvert une enquête indépendante, avec l'appui de l'expertise algérienne, pour établir les causes et les responsabilités, et assure que « l'intégralité des dommages » sera prise en charge. Situé à environ 1 700 km de Niamey, le bloc d'Agadem concentre l'essentiel de la production pétrolière nigérienne ; Niamey avait signé en mai 2026 de nouveaux accords avec des compagnies chinoises après des mois de tensions.

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